Comment trouver des fonds pour lancer mon projet innovant ?

Découvrez comment financer un projet innovant : CIR, CII, aides Bpifrance et financements privés pour réussir la mise sur le marché.

Olivier Equey

Manager en fiscalité de la recherche – France

08/01/2026

5 minutes de lecture


On nous appelle souvent pour nous dire : “Nous avons une technologie qui fonctionne, un prototype abouti… mais comment financer la mise sur le marché ?” Question que l’on nous pose souvent, en particulier au moment critique qui sépare la R&D de la commercialisation.

La bonne nouvelle, c’est que le financement d’un projet innovant ne repose jamais sur un seul levier. En France, plusieurs dispositifs publics et privés peuvent être combinés, à condition d’être mobilisés dans le bon ordre et avec la bonne stratégie.

Pourquoi le financement de l’innovation est-il si spécifique ?

Un projet innovant se distingue d’un projet classique par son niveau de risque, son incertitude technique ou de marché et son besoin de financement progressif.

Avant même de générer du chiffre d’affaires, l’entreprise doit financer :

  • des travaux de R&D ou d’innovation,
  • des phases de test, de prototypage ou d’industrialisation,
  • la préparation de la mise sur le marché.

C’est précisément pour répondre à cette problématique que l’État et certains acteurs publics ont mis en place des mécanismes de soutien spécifiques à l’innovation, distincts du financement bancaire traditionnel.

Comment faire appel aux financements publics ?

Pour un dirigeant ou un directeur financier, les financements publics liés à l’innovation constituent avant tout un outil de pilotage financier. Ils permettent de soutenir des projets à forte intensité technique sans fragiliser la trésorerie ni modifier la structure du capital.

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) permet de financer une partie des dépenses de R&D engagées par l’entreprise, conformément à l’article 244 quater B du Code général des impôts. Il concerne notamment les travaux visant à lever des verrous scientifiques ou techniques, menés selon une démarche expérimentale structurée. Les dépenses éligibles incluent, sous conditions, les frais de personnel, les dotations aux amortissements, certaines dépenses de sous-traitance ou encore les frais de fonctionnement forfaitaires.

Le Crédit d’Impôt Innovation (CII), intégré au CIR, vise quant à lui les dépenses liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux, comme précisé par l’administration fiscale (BOI-BIC-RICI-10-10-45). Il s’adresse plus spécifiquement aux PME qui conçoivent des prototypes ou des installations pilotes de produits nouveaux. Il vise des projets positionnés en aval de la R&D, dès lors que le produit présente un gain fonctionnel objectivable par rapport à l’existant, comme précisé par l’administration fiscale dans sa doctrine (BOI-BIC-RICI-10-10-45). Les simples améliorations esthétiques ou adaptations mineures sont expressément exclues du champ du dispositif.

Vous pouvez aussi faire appel à des préfinancements du CIR ou CII.

Quels sont les avantages du CIR et CII ? 

Ces dispositifs présentent plusieurs avantages structurants pour les entreprises innovantes :

  • Aucune dilution du capital : le CIR et le CII n’entraînent ni entrée au capital, ni modification de la gouvernance, ni pacte d’actionnaires. Ils permettent ainsi de financer des projets structurants sans renoncer à une part de contrôle de l’entreprise, ce qui est particulièrement stratégique avant ou en amont d’une levée de fonds.
  • Amélioration directe de la trésorerie : en cas de créance remboursable, ces dispositifs peuvent générer un apport de cash significatif, parfois plusieurs mois après la clôture de l’exercice. Pour une entreprise en phase de croissance ou d’investissement intensif, ce remboursement constitue un levier de financement non négligeable, susceptible de sécuriser le besoin en fonds de roulement ou de prolonger la runway.
  • Outil de lissage des investissements : en venant compenser une partie des dépenses engagées, le CIR et le CII réduisent le coût net des projets les plus risqués. Ils permettent ainsi d’étaler l’effort financier dans le temps, de mieux absorber les pics d’investissement et de soutenir des projets qui seraient difficilement finançables sur fonds propres seuls.
  • Visibilité et récurrence : lorsqu’ils sont intégrés dans une démarche structurée et récurrente, ces dispositifs deviennent des éléments relativement prévisibles du plan de financement. Cette visibilité facilite la construction des budgets, des business plans et des prévisionnels de trésorerie, notamment dans les secteurs à forte intensité technologique.
  • Compatibilité avec d’autres financements : le CIR et le CII sont cumulables avec d’autres aides publiques (subventions, avances remboursables) ou des financements privés, sous réserve du respect des règles de non-surcompensation. Ils s’intègrent ainsi dans une stratégie de financement globale, en complément de la dette bancaire ou des levées de fonds.

En contrepartie, l’accès à ces financements suppose une maîtrise fine du cadre juridique et doctrinal, ainsi qu’une capacité à justifier précisément l’éligibilité des travaux et des dépenses déclarées. C’est cette exigence qui explique, notamment, les demandes d’information systématiques en cas de remboursement de créance.

Exemple :  Entreprise AL’Entreprise A développe une solution de capteurs intelligents pour l’industrie. Avant même sa première commercialisation, elle mobilise le CIR pour financer ses travaux de R&D, puis le CII pour la phase de prototypage industriel. Le remboursement de la créance lui permet de renforcer sa trésorerie et de préparer la mise sur le marché sans recourir immédiatement à une levée de fonds.

Comment la BPI France peut m’aider financièrement ? 

Bpifrance joue un rôle central dans le financement des projets innovants en France, en intervenant à différentes étapes du cycle de développement de l’entreprise. Son objectif est de soutenir les projets à fort potentiel technologique, industriel ou économique, en particulier lorsque le risque est encore trop élevé pour un financement bancaire classique.

Concrètement, Bpifrance propose plusieurs types de dispositifs financiers :

  • Les subventions, qui permettent de financer une partie des dépenses amont (études de faisabilité, preuves de concept, premiers développements). Elles ne donnent pas lieu à remboursement et constituent un soutien direct à la trésorerie.
  • Les avances remboursables, accordées sous conditions de succès du projet. Elles permettent de partager le risque avec l’État : en cas d’échec, le remboursement peut être partiel ou inexistant ; en cas de réussite, l’entreprise rembourse selon des modalités définies contractuellement.
  • Les prêts innovation, destinés à financer des phases plus matures (industrialisation, mise sur le marché, croissance). Ces prêts sont généralement accordés sans garantie ni caution personnelle, ce qui en fait un outil particulièrement attractif pour les dirigeants.

Ces dispositifs sont particulièrement adaptés aux phases amont de développement et de pré-commercialisation, lorsque les investissements sont élevés et que les revenus sont encore incertains. 

Pour un dirigeant ou un DAF, ils permettent de sécuriser le financement du projet tout en limitant la pression sur la trésorerie.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’obtention de financement, lisez notre article sur les stratégies pour obtenir un financement.

Bon à savoir

Si vous cherchez à financer une fintech, lisez notre article sur les possibilités de financement des fintech.

Le financement privé : quand et pourquoi y recourir ?

Vous pouvez aussi recourir au financement privé. Faisons le point.

Les business angels et fonds d’amorçage

Une fois les premiers jalons techniques posés, de nombreux projets innovants se tournent vers des investisseurs privés. Ceux-ci apportent non seulement des fonds, mais aussi un accompagnement stratégique.

Ce type de financement implique toutefois une dilution du capital, ce qui suppose d’avoir déjà sécurisé :

  • la crédibilité technologique du projet,
  • une trajectoire claire vers le marché,
  • une structure financière lisible.

Exemple - Entreprise BL’Entreprise B développe un logiciel innovant à destination du secteur médical. Après avoir sécurisé le CII et obtenu une aide Bpifrance, elle présente un dossier structuré à des business angels. Le fait d’avoir déjà mobilisé des financements publics crédibilise le projet et facilite l’entrée d’investisseurs privés.

Pourquoi l’ordre de mobilisation des financements est déterminant ?

L’une des erreurs les plus fréquentes chez les entreprises innovantes consiste à rechercher des financements privés trop tôt, sans avoir pleinement exploité les leviers publics existants. Cette approche peut conduire à une dilution prématurée du capital, à des conditions de valorisation défavorables, voire à un déséquilibre dans la gouvernance, alors même que des solutions de financement non dilutives étaient disponibles.

En pratique, une stratégie de financement efficace repose souvent sur un enchaînement progressif et rationnel des leviers :

  • Sécurisation des dispositifs fiscaux (CIR / CII), afin de réduire le coût net des projets de R&D ou d’innovation et de structurer une démarche technique et financière solide.
  • Mobilisation des aides et avances publiques (subventions, avances remboursables, prêts innovation), permettant de financer les phases les plus risquées du projet sans pression excessive sur la trésorerie.
  • Ouverture éventuelle du capital, une fois le projet suffisamment maturé (preuves techniques, premiers résultats marché, trajectoire financière clarifiée), afin d’accélérer la mise sur le marché ou le passage à l’échelle.

Cette approche présente un double avantage. D’une part, elle réduit le risque perçu par les investisseurs, en démontrant la capacité de l’entreprise à structurer ses projets et à mobiliser des financements publics. D’autre part, elle améliore sensiblement les conditions de financement privé, tant en termes de valorisation que de niveau de dilution, en intervenant à un stade où le projet est mieux sécurisé.

Les points clés à retenir

  • Le financement d’un projet innovant repose sur une combinaison de leviers publics et privés, et non sur une source unique.
  • Les dispositifs fiscaux comme le CIR et le CII constituent souvent le premier socle de financement, sans dilution du capital.
  • Les aides Bpifrance complètent efficacement ces dispositifs pour accompagner la phase de pré-commercialisation.
  • Une stratégie de financement progressive renforce la crédibilité du projet auprès des investisseurs privés.
  • L’ordre de mobilisation des financements est un facteur clé de succès pour le lancement sur le marché.
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Que vous envisagiez de financer votre innovation via des dispositifs publics, des aides institutionnelles ou une levée de fonds, comprendre les mécanismes disponibles vous permet de sécuriser votre trajectoire et de limiter les risques.
Un accompagnement adapté peut faire la différence entre un projet prometteur… et un projet réellement lancé sur le marché.

Vous souhaitez vérifier si vos projets sont éligibles ? Contactez nos experts pour un diagnostic CIR gratuit et confidentiel, ou lisez notre ebook CIR ou ebook CII pour mieux comprendre.


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