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Contactez-nousUn développeur en full remote à l’étranger peut-il être intégré au ratio JEI de 20 % de R&D ? Voici la réponse, avec cas pratiques, pièges EOR et checklist complète.
Manager en fiscalité de la recherche – France
Publié le: 13/04/2026
5 minutes de lecture
Quand on échange avec des fondateurs de startups ou des DAF, cette question revient souvent : si je recrute un développeur très senior au Portugal, au Maroc, en Europe de l’Est ou en Amérique latine, est-ce que son salaire peut m’aider à atteindre le seuil JEI ?
C’est une excellente question, surtout aujourd’hui où le recrutement international est devenu la norme pour accéder rapidement à des profils tech rares.
La bonne nouvelle, c’est que le fait qu’un développeur travaille à l’étranger n’empêche absolument pas, à lui seul, l’intégration de sa rémunération dans le ratio JEI.
En revanche, tout va dépendre de la manière dont vous l’avez recruté, de la façon dont son temps est affecté à la R&D, et surtout de la manière dont la charge est portée dans vos comptes.
Autrement dit : ce n’est pas la géographie qui fait le risque, c’est le montage juridique et comptable. Nous allons vous expliquer ça de manière concrète.
Oui, dans beaucoup de cas, la réponse est oui, selon l’administration fiscale. Ce qui compte pour la JEI, ce n’est pas l’adresse du développeur, mais le fait que sa rémunération corresponde à une véritable dépense de personnel liée à des travaux de recherche et développement.
Comme le montre le BOFIP, pour qu’un salaire soit retenu sereinement, il faut généralement pouvoir cocher plusieurs cases :
Dit autrement, si votre développeur conçoit, par exemple :
alors on est souvent dans une zone favorable.
À l’inverse, si la mission consiste principalement à :
la dépense sera beaucoup plus difficile à défendre comme R&D.
C’est probablement la confusion la plus fréquente. Pendant longtemps, beaucoup d’articles et de cabinets parlaient du ratio JEI à 15 %. C’était vrai, mais ce n’est plus la règle générale. Aujourd’hui, pour les dossiers récents,l’administration fiscale vise un seuil de 20 % des charges engagées au titre de la R&D.
Le seuil de 15 % ne subsiste plus que pour des situations transitoires sur d’anciens exercices. Concrètement, quand vous vous posez la question pour un recrutement en 2026, il faut raisonner ainsi : Est-ce que cette rémunération contribue à mon ratio JEI de 20 % ?
C’est ce raisonnement qui doit guider vos simulations financières, votre BP et vos recrutements tech.
Dans la majorité des cas, non. Le fait qu’un développeur soit en full remote depuis Lisbonne, Barcelone, Dubaï ou Buenos Aires ne change pas la nature fiscale de son travail.
Ce qui intéresse l’administration, c’est la nature des travaux réellement menés.
Si la personne contribue à résoudre un verrou technique, à mener des expérimentations ou à faire émerger une innovation logicielle, le fait qu’elle travaille hors de France n’est pas le sujet principal.
En revanche, dans la pratique, le full remote impose une exigence supplémentaire : mieux documenter le travail effectué.
Je conseille toujours aux clients de renforcer la preuve via :
Plus la personne est loin géographiquement, plus il faut que la piste d’audit soit propre.
Oui, et c’est souvent là que tout se joue.
En pratique, deux développeurs qui font exactement le même travail technique peuvent avoir un traitement fiscal très différent selon leur mode d’embauche.
Entreprise A : une startup SaaS française recrute un senior backend engineer basé au Portugal en CDI direct. Il consacre 70 % de son temps à la conception d’un moteur de compression propriétaire capable de réduire les coûts d’infrastructure en temps réel.
La société suit précisément les sprints R&D et archive les benchmarks de performance. Dans ce cas, la quote-part de 70 % du coût chargé est généralement la plus simple à défendre dans le ratio JEI.
Clairement oui. Quand votre société française porte directement le contrat de travail, on est dans le cas le plus simple à défendre.
La logique est fluide :
Dans ce cas, la quote-part réellement consacrée à la R&D a de bonnes chances d’entrer dans le ratio JEI.
Exemple client :
Dans ce cas, 70 % du coût chargé est généralement défendable dans l’assiette.
Entreprise B : une marketplace française recrute un machine learning engineer en Amérique latine via Deel. Sur le plan opérationnel, le profil travaille comme un membre clé de l’équipe IA. Mais comptablement, la facture inclut salaire, frais de conformité locale et marge EOR. Avant de l’intégrer au ratio JEI, l’entreprise doit retraiter la facture pour isoler la part réellement défendable, sous peine de surévaluer artificiellement ses dépenses de R&D.
EOR : une organisation tierce qui vous permet d'embaucher du personnel à l'étranger en agissant en votre nom en tant qu'employeur légal dans le pays concerné.
La réponse est oui, il faut être plus prudent.C’est le sujet du moment pour les startups en hypercroissance. Sur le plan opérationnel, l’EOR est parfait : recrutement rapide, conformité locale, paie simplifiée. Mais sur le plan fiscal, la question est plus subtile.
Très souvent, la facture EOR apparaît comptablement comme :
Du coup, on n’est plus automatiquement dans la dépense de personnel interne. Et c’est là que le ratio JEI peut être fragilisé. Avant d’intégrer ces montants, il faut analyser :
Notre avis Myriad
Ne jamais intégrer un coût Deel ou Remote sans revue préalable par le cabinet spécialisé qui vous accompagne ou l’expert-comptable.
Entreprise C : une fintech française travaille depuis 18 mois avec un développeur freelance basé en Serbie, quasiment à temps plein. Le CTO le considère comme un membre de l’équipe, mais juridiquement il facture en prestation mensuelle. La tentation est forte d’intégrer 100 % de la facture dans le ratio JEI. Pourtant, sans analyse précise du contrat, de la propriété intellectuelle et de l’éligibilité en sous-traitance R&D, c’est typiquement le genre de poste qui peut être remis en cause lors d’un contrôle.
Le freelance est encore plus sensible. Même si la personne travaille à plein temps avec vos équipes, la dépense ressemble juridiquement à une prestation. Elle peut parfois être valorisée dans une logique CIR selon les cas, mais pour le ratio JEI, il faut être beaucoup plus conservateur.
Le piège classique :
c’est la startup qui considère un freelance long terme comme un quasi-salarié et intègre 100 % de la facture dans ses dépenses R&D. En cas de contrôle fiscal, c’est souvent l’un des premiers postes revus.
C’est ici que beaucoup de dossiers perdent en qualité. Un bon dossier JEI ne repose pas uniquement sur la conviction du CTO. Il repose sur des preuves contemporaines et traçables.
Voici ce que nous, mais surtout l’administration fiscale aime voir dans un dossier solide :
Exemple de ventilation réaliste :
Dans ce cas, on retient généralement 70 % maximum.
Voici les erreurs que nous voyons le plus souvent chez nos clients.
Confondre innovation produit et R&D fiscale
C’est sans doute l’erreur la plus fréquente. Le fait d’avoir un produit nouveau, une UX brillante ou une fonctionnalité inédite sur le marché ne suffit pas à créer de la R&D au sens JEI.Le test n’est pas commercial, il est technique et fiscal.
La vraie question est : existait-il une incertitude technique réelle qu’une équipe compétente ne pouvait pas lever immédiatement avec l’état de l’art ?
Par exemple :
Le piège startup classique consiste à dire : “notre produit est innovant, donc toute la tech est JEI”. En contrôle, ce raisonnement tombe très vite.
Intégrer 100 % du salaire par confort
C’est extrêmement fréquent avec :
Sur le papier, ce sont des profils très techniques. Mais fiscalement, seul le temps réellement consacré à la R&D est retenu. La doctrine est très claire : lorsqu’un salarié n’est affecté qu’en partie à la recherche, sa rémunération est prise au prorata du temps effectivement consacré, et tout forfait de confort est exclu.
Or, dans la vraie vie d’une startup, un senior fait aussi :
Tout cela n’entre pas automatiquement dans le ratio JEI. Le piège classique : prendre le salaire chargé du CTO et le passer à 100 % “parce qu’il est le cerveau tech”.C’est souvent le premier point challengé.
Mal traiter les coûts EOR
Sujet très fréquent avec les startups remote-first. Quand un développeur passe via un EOR (Deel, Remote, Oyster, etc.), la tentation est d’intégrer la facture totale dans les dépenses JEI. C’est fragile.
Il faut distinguer :
Seule la partie correspondant à une véritable dépense de personnel supportée par la société est défendable dans le ratio JEI. Les frais administratifs ou la marge de l’intermédiaire n’ont pas naturellement vocation à suivre.
Le piège fréquent : intégrer 12 000 € de facture mensuelle EOR alors que 2 000 € correspondent à des frais de structure. Sur plusieurs profils et 12 mois, l’impact sur le seuil JEI peut être énorme.
Oublier la preuve
C’est le risque le plus sous-estimé. Même lorsqu’une dépense est parfaitement légitime, elle devient fragile si vous ne pouvez pas expliquer précisément :
La doctrine impose précisément de pouvoir justifier le temps d’affectation réel des personnels de recherche. Concrètement, les meilleures preuves en startup sont :
Le piège classique : “on reconstruira le dossier si l’administration nous contrôle.” Deux ans plus tard, personne ne se souvient du vrai niveau d’incertitude.
Si on devait l’expliquer à un client en une phrase : Si votre développeur étranger travaille réellement sur un verrou technique pour votre startup, et que la société française supporte proprement la charge, alors oui, son coût peut souvent contribuer au seuil JEI.
Le vrai sujet n’est pas “étranger ou non”.
Le vrai sujet, c’est :
C’est cette logique simple qui permet d’éviter les mauvaises surprises.
Si vous devez retenir l’essentiel en tant que dirigeant, DAF ou CTO, voici la grille de lecture la plus utile.
Un développeur basé au Portugal peut-il compter dans le ratio JEI ?
Oui, très souvent. Le fait qu’il soit au Portugal n’a pas d’impact direct. Si votre SAS française supporte le coût, qu’il travaille sur un sujet présentant une vraie incertitude technique et que vous pouvez documenter son temps, la quote-part R&D peut généralement être intégrée.
Exemple concret : un backend engineer au Portugal qui travaille sur un moteur d’indexation propriétaire ou une architecture distribuée temps réel peut parfaitement contribuer au ratio.
Une facture Deel ou Remote peut-elle être retenue ?
Oui, mais jamais automatiquement. C’est précisément le type de sujet qui nécessite une revue ligne par ligne. Il faut distinguer :
Dans certains cas, une partie peut être défendable. Dans d’autres, il vaut mieux rester conservateur.
Peut-on intégrer 100 % du salaire d’un lead developer ?
En pratique, c’est rare. Même un profil très senior passe souvent du temps sur :
La bonne approche consiste à isoler uniquement la quote-part consacrée à la résolution de verrous techniques.
Le full remote augmente-t-il le risque fiscal ?
Pas sur le fond. Le risque ne vient pas du remote lui-même, mais du fait que les entreprises documentent souvent moins bien le travail de profils internationaux. Plus la personne est éloignée, plus il faut une discipline documentaire forte : tickets, temps passés, POC, benchmarks, décisions techniques.
Un freelance long terme peut-il entrer dans le seuil ?
C’est le cas le plus sensible. Même s’il travaille quasiment comme un salarié, sa facture reste souvent juridiquement une prestation. Il faut donc analyser si la dépense peut être traitée dans une logique de sous-traitance R&D ou si elle doit être exclue du ratio JEI.
Par prudence, beaucoup de dossiers préfèrent ne pas la survaloriser.
Voici la checklist que je recommande aux clients avant d’intégrer un développeur étranger dans le ratio JEI.
1) Vérifier la nature des travaux
2) Vérifier le montage contractuel
3) Fiabiliser le suivi du temps
4) Sécuriser la piste de preuve
5) Contrôler l’impact sur le ratio
Si vous avez recruté des profils tech à l’étranger et que vous voulez savoir ce qui entre réellement dans votre seuil JEI de 20 %, le plus efficace est de faire une revue rapide par personne, contrat et sprint.
En pratique, c’est souvent ce qui permet de :
Le bon réflexe : prenez vos 5 plus gros profils R&D (France + international), isolez leur quote-part innovation et challengez la documentation disponible. Vous verrez immédiatement si votre ratio est robuste ou artificiellement gonflé.
Vous souhaitez vérifier si vos projets sont éligibles ? Contactez nos experts pour un diagnostic CIR gratuit et confidentiel, ou lisez notre ebook JEI pour mieux comprendre.
Un développeur en full remote à l’étranger peut-il être intégré au ratio JEI de 20 % de R&D ? Voici la réponse, avec cas pratiques, pièges EOR et checklist complète.
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