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Contactez-nousV2, V3, nouvelle génération logicielle : votre produit peut-il encore bénéficier du CII ? Critères, exemples, CIR vs CII et pièges pour les DAF de startups tech.
Manager en fiscalité de la recherche – France
Publié le: 04/06/2026
5 minutes de lecture
Une V1 a déjà été lancée, le produit existe, mais la V2 ou la V3 transforme tellement l’usage qu’on se demande si le CII reste possible. Cette question, nous l’entendons régulièrement de la part de DAF de PMEs en phase de croissance.
La réponse est nuancée : oui, une V2 ou V3 peut rester éligible au Crédit d’Impôt Innovation (CII), mais seulement si elle constitue une véritable nouvelle génération produit, pas une simple itération de roadmap.
Le fait d’écrire « V2 » dans Jira ou sur votre site ne suffit ni à exclure ni à sécuriser le dispositif. Le vrai sujet est de savoir si vous êtes face à une mise à jour enrichie ou à une nouvelle génération produit qui transforme réellement l’usage.
Avant de trancher sur l'éligibilité d'une V2 ou V3, il est utile de rappeler ce que le CII finance (et ce qu'il ne finance pas). Le dispositif couvre les dépenses de conception de prototypes ou d'installations pilotes de produits nouveaux présentant des performances supérieures à celles des produits existants sur le marché.
Le mot clé est « sur le marché ». Une innovation n'est pas ce que vous n'aviez jamais fait en interne, mais ce que le marché ne propose pas encore, ou pas de cette manière. C'est la frontière qui distingue une modernisation d'une vraie démarche CII.
Un projet est généralement éligible lorsqu'il réunit les caractéristiques suivantes :
Plusieurs catégories de travaux sont souvent présentées comme innovantes, mais ne répondent pas aux critères du CII :
Bon à savoir
Le meilleur filtre reste simple : qu'est-ce que l'utilisateur peut faire demain qu'il ne pouvait pas faire hier ? Si la réponse est « rien de fondamentalement différent », on est probablement face à une modernisation, pas à une innovation au sens du CII.
Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre article Comment déterminer si mon innovation est vraiment innovante pour le CII ?.
La réponse est oui. Le CII n’a jamais été pensé pour financer les mises à jour d’un produit existant. Une V2 ou V3 devient éligible lorsqu’elle crée une rupture mesurable sur au moins l’un des axes suivants :
Le point déterminant n’est pas la quantité de fonctionnalités ajoutées, mais la capacité à démontrer que la nouvelle version introduit une transformation perceptible, mesurable et différenciante pour l’utilisateur final.
Entreprise A transforme une V1 de dashboard cybersécurité en V2 pilotée par IA, avec réduction de 80 % des faux positifs et nouveau cockpit analyste : dossier solide.
Entreprise B ajoute 15 filtres et une meilleure navigation à sa V1 : intérêt business réel, mais éligibilité CII souvent faible.
Quels sont les critères qui rendent une V2 / V3 défendable ?
Toutes les V2 ne se valent pas fiscalement. Pour un DAF, le bon raisonnement consiste à vérifier si la nouvelle version change au moins l’un de ces axes : la proposition de valeur, le workflow utilisateur ou la profondeur technico-fonctionnelle visible. Plus le changement touche ces dimensions, plus le dossier CII gagne en substance.
La nouvelle version doit apporter des capacités réellement supérieures à la version précédente :
Une refonte UX purement esthétique est rarement suffisante. En revanche, une nouvelle logique d’interaction peut renforcer fortement le dossier :
Le point déterminant n’est pas le « beau design », mais la capacité à démontrer que la structure même du parcours utilisateur a été repensée pour créer un usage sensiblement nouveau.
Même sur une V2, il faut pouvoir isoler des phases d’expérimentation clairement identifiables :
Le piège le plus structurel consiste à mélanger dans un même récit projet :
La robustesse du dossier repose sur cette frontière : les temps, livrables et arbitrages liés à la phase exploratoire de la V2 doivent être documentés séparément de tout ce qui concerne l’exploitation de la V1.
Dans beaucoup de startups tech, la V2 n’est plus seulement une version. Elle devient un sous-produit autonome avec sa propre proposition de valeur, sa propre logique de vente, parfois son propre buyer persona. Les cas les plus caractéristiques :
Lorsque la nouvelle version peut être packagée séparément, ouvrir une nouvelle ligne de revenu ou répondre à un nouveau buyer persona, on s’approche très souvent d’un prototype de nouveau produit — ce qui renforce fortement la logique CII.
Exemple
Entreprise A transforme son back-office interne en V3 « Ops Studio » commercialisable à part entière : excellent angle CII.
Les dossiers V2 / V3 se fragilisent souvent après une levée de fonds. La roadmap mélange soudain innovation produit, dette technique, sécurité, scalabilité et support entreprise. Le label « V2 » devient alors un fourre-tout budgétaire.
Une roadmap V2 sur 12 mois contient souvent :
Le fait d’écrire « V2 » dans Jira ou Notion n’a aucune valeur en soi. Ce qui compte, c’est la supériorité objectivable par rapport à la version précédente.
Une réécriture technique complète n’est pas automatiquement un dossier CII si l’usage utilisateur reste identique. Migration d’infrastructure, refonte de stack ou modernisation applicative ne créent pas nécessairement une nouvelle génération produit.
Une V2 mobilise souvent beaucoup de management, de coordination et de go-to-market. Ces éléments doivent être exclus du périmètre CII. Le 100 % « par confort » est rarement robuste face à un vérificateur.
Bon à savoir
Le vrai risque est le glissement progressif : une V2 démarre comme prototype, puis devient du standard sans que le périmètre fiscal soit ajusté. Les signaux à surveiller : la bêta est ouverte à tous les clients, les tickets deviennent majoritairement correctifs, la roadmap inclut surtout dette et support. À ce stade, la quote-part CII doit souvent être revue à la baisse.
La comparaison V1 vs V2 est souvent la pièce maîtresse du dossier. Plus l'écart est mesurable, plus le dossier est solide.
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Type de preuve |
Exemple chiffré / formulé |
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Benchmark de temps de traitement |
40 minutes → 8 minutes |
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Nombre d'étapes supprimées |
12 clics → 3 clics |
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Taux d'automatisation |
Workflow manuel → suggestions automatiques |
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Nouveaux cas d'usage |
Mono-joueur → collaboration temps réel |
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Amélioration du taux de précision |
Analyse statique → simulation prédictive |
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Feedbacks bêta et tests utilisateurs |
Taux d'adoption V2 vs V1, verbatims bêta |
Plus cette comparaison est objectivée, plus la V2 / V3 devient défendable.
Le cas classique en software est bien identifié : CIR sur le moteur ou le verrou technique qui rend la V2 possible, CII sur la nouvelle génération produit donc le cockpit, le workflow ou la nouvelle ergonomie.
Entreprise A développe sous CIR un moteur d’optimisation temps réel. Une fois le verrou levé, la V2 transforme ce moteur en workspace analyste prédictif : la couche produit devient un excellent sujet CII.
Cette articulation reflète très bien la réalité des roadmaps SaaS et IA modernes. Les deux dispositifs ne s’excluent pas ; ils se complètent en couvrant deux couches distinctes du même projet.
Les meilleurs dossiers V2 reposent sur une qualification précise du périmètre, pas sur l’ambition de la roadmap. Si vous souhaitez vérifier si votre V2 ou V3 constitue un dossier CII défendable, contactez nos experts pour un diagnostic gratuit et confidentiel.
Oui, si elle constitue une nouvelle génération produit avec des gains significatifs démontrés par rapport à la version précédente.
Seulement si elle transforme réellement le workflow et apporte des gains mesurables. Un redesign purement esthétique ne suffit pas.
Pas automatiquement. Si l’usage reste identique pour l’utilisateur final, le dossier est généralement faible.
Oui, c’est même fréquent dans les SaaS et projets IA : CIR sur le verrou technique, CII sur la couche produit.
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Le no-code n’exclut pas le CII. Découvrez les critères d’éligibilité, les risques et les bonnes pratiques pour sécuriser votre dossier.
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